Derrière les croyances tenaces des équipes RH se cachent des arrêts non expliqués, des talents qui partent, des carrières en retrait silencieux. Un coût massif, largement évitable.
Lecture : 6 minutes. Article mis à jour le 6/08/2026.
En France, 13 millions de femmes sont concernées par la ménopause ou la périménopause. La grande majorité est en activité. Et pourtant, dans la plupart des structures, le sujet n'existe pas : pas de politique dédiée, pas de formation des managers. Juste le silence.
Ce silence a un coût mesurable.
👉 Au Canada, 540 000 journées de travail sont perdues chaque année selon Deloitte [3], pour une perte annuelle totale estimée à environ 2,23 milliards d'euros [4]. Le problème ne vient pas d'un manque de bonne volonté : il vient d'idées reçues tenaces. Déconstruisons-les une par une.
1Mds €
de coût annuel non traité de la santé des femmes dans le monde
13M
de femmes concernées par la (péri)ménopause en France
87 %
des femmes sont symptomatiques, dont 25 % de façon sévère
Idée Reçue n°1
Quelques rappels 🔬 :
La ménopause est diagnostiquée en moyenne à 51 ans en France, mais elle ne survient jamais du jour au lendemain. Elle est précédée d'une période de périménopause qui démarre en moyenne à 47 ans, parfois dès la fin de la trentaine, et qui peut durer jusqu'à dix ans avant que la ménopause soit officiellement diagnostiquée [5].
Les symptômes les plus fréquents apparaissent donc bien avant 50 ans :
💼 Le taux d'emploi des femmes de 50 à 64 ans atteignait 57,2 % en France en 2023 [6]. Loin d'être des profils à écarter, les femmes de plus de 45 ans représentent un vivier de compétences stratégiques : autonomie, expérience, organisation, capacité de recul, gestion du stress... Ces compétences sont indispensables, notamment pour accéder à des postes managériaux ou de direction.
🎯 D’ailleurs, selon le rapport Oser !, 74 % des cabinets RH ayant proposé un profil de femme de plus de 45 ans avaient vu ces talents être recrutés par leurs clients. Une preuve supplémentaire que les compétences des femmes expérimentées répondent précisément aux besoins des entreprise [7].
Idée Reçue n°2
87 % des femmes sont symptomatiques à la ménopause. 1 femme sur 4 réduit ses horaires à cause de ces symptômes, et 10 % quittent leur emploi, souvent sans le dire à leur employeur [2]. Selon une étude française menée par Alan, 16 % des femmes constatent un impact direct de la ménopause sur leur productivité au travail [8].
🤕 7 jours d'arrêt en moyenne par an pour les femmes aux symptômes sévères
Une femme sur cinq a déjà posé des congés pour cette raison.
Plus frappant encore : 60 % des femmes aux symptômes sévères déclarent vouloir s'arrêter sans le faire, et parmi elles, 76 % admettent qu'elles en auraient pourtant eu besoin [2].
1 femme sur 10 a déjà démissionné à cause des symptômes de la ménopause, le plus souvent sans en avoir parlé à sa hiérarchie [2]. Au Royaume-Uni, on estime que 600 000 femmes ont quitté le marché du travail pour cette raison .
Ce n'est pas qu'une question de volonté individuelle : le stress aggrave biologiquement les symptômes. Un environnement professionnel non adapté ne rend pas seulement les symptômes plus difficiles à gérer, il les intensifie.
Idée Reçue n°3
Si les femmes britanniques ayant quitté le marché du travail y revenaient avec un salaire médian, le gain économique direct serait estimé à 1,5 milliard de livres sterling par an.
💡 Le retour sur investissement est déjà chiffré : chaque livre investie dans la santé gynécologique et obstétrique des femmes au Royaume-Uni génère 11 livres de retour [1].
Ces renoncements pèsent directement sur l'index d'égalité femmes-hommes et sur les indicateurs de qualité de vie et conditions de travail (QVCT) définis par le réseau Anact-Aract [11].
Le rapport gouvernemental français souligne que la ménopause peut aggraver des risques professionnels préexistants, notamment en cas de travail de nuit, d'exposition à la chaleur ou de forte pression psychologique [12]. Les données de la CNAM confirment que les femmes de 50 à 54 ans sont plus exposées aux accidents du travail [13].
📢 Comme le souligne Stéphanie Carpentier, docteure en management des ressources humaines spécialiste de la santé au travail, le sujet est aujourd'hui quasiment absent des politiques RH, des formations managériales et de la recherche en gestion, alors même que ses conséquences sur la performance et le maintien dans l'emploi sont bien réelles.
Idée Reçue n°4
Personne ne leur a jamais ouvert la porte !
🗣️ Quelques chiffres :
Ces chiffres sont d'autant plus marquants que les représentations sociales restent très négatives : 45 % des Français n'ont pas une bonne image de la ménopause [12].
Ce que montrent les structures qui ont franchi le pas, c'est qu'organiser un webinaire ou une intervention d'expert suffit souvent à ouvrir la discussion 🌟. Les femmes se reconnaissent dans ce qu'elles entendent, et réalisent qu'elles ne sont pas seules.
Idée Reçue n°5
Entre ne rien faire et devenir un cabinet médical, il existe un ensemble de mesures simples et concrètes.
01
Déconstruire les stéréotypes, sans en faire des experts médicaux. Au Royaume-Uni, les formations ACAS et NHS Employers sont largement diffusées dans le secteur privé[15].
02
Un document accessible à tous sur les phases de la transition hormonale et les aménagements possibles.
03
À l'image du rôle de « Menopause Champion », déjà démocratisé dans les grandes organisations britanniques [16].
04
Quelques exemples : baisser la température des bureaux, du télétravail ponctuel, des horaires flexibles, des pauses supplémentaires.
05
Objectiver l'impact réel sur l'absentéisme et la performance avant d'agir[12].
06
Un temps de prévention dédié, prévu autour de 45 ans mais sous-exploité [17].
07
Des campagnes incluant explicitement les hommes et les dirigeants, pas seulement les femmes concernées.
08
Une charte ou un « pledge », à l'image du Menopause Workplace Pledge, porté par le ministère du Travail britannique.
Les aménagements individualisés sont souvent plus efficaces qu'un congé spécifique pour le maintien durable dans l'emploi, selon le rapport gouvernemental français [12].
🤳 Les outils digitaux ont également un rôle à jouer en complément. Les utilisatrices de l'application Omena rapportent une nette amélioration de leur concentration au travail, avec 90 % qui déclarent une atténuation de leurs symptômes après deux mois de suivi [18].

Préserver la santé et l’engagement des collaboratrices
Limiter l’absentéisme et la perte de talents expérimentés
S’inscrire dans une démarche QVCT et briser le tabou autour de la ménopause

Équipe éditoriale d'Omena
En moyenne à 47 ans en France, parfois dès la fin de la trentaine. Elle précède la ménopause, diagnostiquée en moyenne à 51 ans, et peut durer jusqu'à dix ans.
Les estimations vont de 3,5 milliards de dollars canadiens au Canada à 11,57 milliards d'euros au Japon, avec 191 millions de livres sterling d'absentéisme annuel au Royaume-Uni.
Formation des managers, guide interne, référents ménopause, aménagements simples des conditions de travail, diagnostic interne, mobilisation de la visite médicale de mi-carrière à 45 ans, et campagnes de sensibilisation incluant les hommes.
Depuis juillet 2026, la loi Neuder impose une sensibilisation annuelle aux facteurs de risque cardio-gynécologiques en milieu professionnel, incluant explicitement la ménopause.
Seulement un peu plus d'une femme sur dix a évoqué le sujet avec son supérieur hiérarchique12. Le tabou social, associé à une image négative de vieillissement ou de perte de compétences, pousse à l'auto-censure plutôt qu'au dialogue.
Une application dédiée à la périménopause, déployée en milieu professionnel comme solution clé en main. Programme personnalisé, accès à des gynécologues via une messagerie sécurisée... Omena est déjà déployée dans plus de 150 organisations : SNCF, Capgemini, DomusVi, Auchan, MNH, Mutuelle Air France.

Ménopause au travail : témoignages de femmes
Dans son rapport mené par Stéphanie Rist (députée de la 1ère circonscription du Loiret), le gouvernement a donné la parole aux principales concernées.

Royaume-Uni : un pays précurseur dans la prise en charge
Le pays s’est déjà largement emparé du sujet de la ménopause en entreprise. Voici quelques exemples de mesures dont nous pouvons nous inspirer.

Stigmatisation de la ménopause au travail : pourquoi c'est tabou ?
À qui en parler ? Comment éviter les comportements stigmatisants ? On vous explique pourquoi le sujet est encore si peu adressé et on vous partage des solutions.
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