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Ménopause : les symptômes désagréables et leur impact sur la qualité de vie


Sommaire

> Pourquoi ces manifestations apparaissent : ce qui se passe dans le corps

> À quel âge surviennent les symptômes désagréables ?

> Les symptômes physiques les plus fréquents

> Les symptômes psychologiques, les plus sous-estimés

> L'impact réel sur la qualité de vie

> Au-delà de l'inconfort : ostéoporose et risque cardiovasculaire

> Comment savoir si c'est la ménopause, et quand consulter

> Quels traitements et quelles solutions pour soulager ces symptômes ?

> Comment mieux vivre cette période

> Les questions qu'on nous pose le plus souvent

> Ce qu'il faut retenir


« La ménopause, ce n'est pas une maladie. » La phrase est vraie, et elle est répétée partout. Le problème, c'est ce qu'on en déduit trop souvent : que s'il ne s'agit pas d'une maladie, il n'y aurait rien à faire, et qu'il faudrait attendre que ça passe.


C'est un malentendu, et il coûte cher. Pas en années de vie, mais en qualité de vie : en nuits de sommeil, en confiance en soi, en élan professionnel, en désir, en énergie disponible pour tout le reste. Voici les symptômes désagréables de la ménopause, ce qui les provoque, ce qu'ils prennent réellement au quotidien  et ce qui peut les soulager.


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Pourquoi ces manifestations apparaissent : ce qui se passe dans le corps

La ménopause n'est pas un caprice hormonal, c'est un changement d'équilibre durable. Au fil des années, la réserve de follicules ovariens s'épuise. Les ovaires produisent de moins en moins d'oestrogènes et de progestérone, les cycles deviennent irréguliers, puis les règles s'arrêtent définitivement. La ménopause est constatée après douze mois consécutifs sans règles.


Pendant la phase de transition qui précède cet arrêt, la périménopause, le niveau des hormones devient erratique. C'est cette instabilité, plus que la baisse elle-même, qui explique pourquoi cette période est si déroutante : un cycle court suivi d'un cycle long, des règles abondantes puis absentes, des signes qui vont et viennent sans logique apparente.


Il faut comprendre que les oestrogènes ne servent pas qu'à la reproduction. Ces hormones participent à la régulation de la température, à la qualité des nuits, à la souplesse des muqueuses, à la solidité des os, au moral, au métabolisme et à la protection cardiovasculaire. C'est précisément pour cette raison que leur diminution provoque des changements aussi variés, et que les femmes décrivent des gênes qui n'ont apparemment rien à voir entre eux.

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À quel âge surviennent les symptômes désagréables ?

Plus tôt qu'on ne le croit. La survenue des premières manifestations se situe souvent en périménopause, plusieurs années avant l'arrêt des règles. Beaucoup de femmes ne font pas le lien : elles se croient trop jeunes, cherchent l'explication du côté du travail ou du stress, et traversent parfois trois ou quatre ans avant que le mot périménopause soit prononcé en consultation.


L'âge moyen de la ménopause se situe autour de 51 ans en France, avec une fourchette normale large : entre 45 et 55 ans pour la grande majorité. On parle de ménopause précoce avant 40 ans. Le tabac avance l'âge de survenue d'un à deux ans en moyenne, et l'âge auquel votre mère a été ménopausée donne souvent une indication.


Les chiffres disent l'ampleur du phénomène : 94 % des femmes de 45 à 50 ans rapportent au moins un symptôme lié à la ménopause, et elles sont encore 73 % entre 61 et 65 ans. Une étude du GEMVI menée auprès de 5 000 femmes retrouve 87 % de femmes concernées. Et pour une femme sur quatre, l'atteinte est sévère.




Les symptômes physiques les plus fréquents

  • Les bouffées vasomotrices et les sueurs nocturnes

Ce sont les plus emblématiques. Une vague de chaleur monte du thorax vers le visage, accompagnée de sueurs et parfois de palpitations. Chaque épisode dure une à quatre minutes, mais il peut se répéter plusieurs fois par jour et par nuit. Contrairement à l'idée reçue, ces bouffées ne s'arrêtent pas au bout de quelques mois : leur durée médiane se compte en années.

  • Les nuits hachées

Les sueurs nocturnes réveillent, parfois plusieurs fois par nuit, pendant des années. Or une nuit hachée ne se paie pas seulement en fatigue le lendemain matin : elle se paie en irritabilité, en difficultés de concentration, en mémoire moins fiable, en patience qui s'épuise plus vite. Beaucoup de femmes attribuent ces variations à leur caractère sans faire le lien avec des nuits détruites depuis dix-huit mois.

  • L'inconfort intime

Les troubles génito-urinaires touchent 67 % des femmes concernées : sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, inconfort quotidien, infections urinaires à répétition. Ce sont aussi ceux dont on parle le moins, y compris en consultation et pourtant ils répondent souvent très bien à un traitement local.

  • Les douleurs, le poids et la silhouette

Douleurs articulaires, fatigue persistante, essoufflement plus rapide : le corps ne réagit plus comme avant. La diminution des oestrogènes déplace aussi le stockage des graisses vers l'abdomen, ce qui explique qu'une silhouette change parfois alors que le poids sur la balance a peu bougé.


Les symptômes psychologiques, les plus sous-estimés


On les évoque rarement, et c'est une erreur. Les variations hormonales de cette période influencent directement le moral, et le manque de repos fait le reste.


Irritabilité, anxiété nouvelle, tristesse inexpliquée, perte de confiance, sensation de brouillard mental et trous de mémoire : tout cela est fréquent, et n'a rien d'imaginaire. Cela mérite d'être pris au sérieux plutôt que mis sur le compte du caractère ou de la fatigue. Une véritable dépression peut aussi survenir à cette période et relève d'une prise en charge spécifique c'est une raison de plus d'en parler à un médecin.

L'impact réel sur la qualité de vie

Le mot « symptôme » est trompeur. Il évoque quelque chose de circonscrit, un désagrément qu'on identifie et qu'on met de côté. Dans la réalité, ces manifestations ne restent pas à leur place : elles se propagent, et c'est précisément ce qui abîme la qualité de vie.


Au travail. Une bouffée de chaleur qui arrive au milieu d'une réunion ou d'un entretien annuel, ce n'est pas seulement inconfortable : c'est une perte de contrôle en public. Les femmes qui la vivent racontent ensuite qu'elles ont évité la prise de parole, refusé une mission, renoncé à une candidature. Le Sénat, dans son rapport sur la santé des femmes au travail, souligne l'impact de ces manifestations sur le travail physique comme sur le travail intellectuel: concentration, mémoire, fatigue. La ménopause arrive statistiquement au moment où les femmes atteignent les postes à plus haute responsabilité.


Dans le couple. La douleur installe l'évitement, l'évitement installe la distance, et la distance s'explique rarement à voix haute. Beaucoup de couples traversent plusieurs années de malentendu sans jamais nommer la cause.


Dans le rapport à soi. Ne plus se reconnaître, éviter certains vêtements, décliner une invitation : ces conséquences pèsent souvent plus lourd que la gêne elle-même. C'est la dimension dont les femmes parlent le plus quand on leur laisse la place, et celle qui est presque toujours absente des articles médicaux.


Sur l'énergie. L'envie de bouger diminue au moment précis où l'activité physique devient la plus protectrice. Le cercle vicieux commence par un renoncement discret : on arrête le cours du mardi soir, on ne le reprend pas.


Au-delà de l'inconfort : ostéoporose et risque cardiovasculaire

Il existe une deuxième raison de prendre ces changements au sérieux, plus silencieuse que les bouffées. La baisse hormonale accélère des processus qui ne se ressentent pas.


La perte osseuse d'abord : le capital osseux se réduit naturellement avec l'âge, mais la ménopause accélère nettement le phénomène pendant les premières années. C'est ce qui explique que l'ostéoporose et le risque de fracture concernent particulièrement les femmes ménopausées. L'os ne fait pas mal en s'appauvrissant, on découvre le problème au premier poignet cassé.


Le cœur ensuite : avant la ménopause, les femmes sont relativement protégées par leurs oestrogènes ; après, leur risque rejoint progressivement celui des hommes. Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes en France, très loin devant le cancer du sein et presque personne ne le sait.


Ces maladies silencieuses ne sont pas évoquées ici pour faire peur, mais pour justifier une chose simple : cette période mérite un bilan de santé, même quand on se sent bien.


Comment savoir si c'est la ménopause, et quand consulter

Beaucoup de ces symptômes peuvent avoir d'autres causes. Une fatigue persistante, une prise de poids, une baisse de moral ou des cycles perturbés peuvent aussi relever d'un problème de thyroïde, d'une anémie, d'une carence, d'une insomnie ou d'une dépression. C'est précisément le rôle du soignant de faire ce tri, et c'est pour cela qu'un auto-diagnostic est risqué.


Aucune prise de sang n'est nécessaire pour diagnostiquer une ménopause après 45 ans : l'absence de règles pendant douze mois suffit. En revanche, un bilan est utile pour écarter autre chose et pour évaluer votre risque osseux et cardiovasculaire.


Le bon moment pour consulter n'est pas « quand c'est insupportable ». C'est dès que votre quotidien se dégrade. Ne plus dormir, ne plus oser prendre la parole, ne plus supporter les rapports sexuels, ne plus se reconnaître : chacun de ces motifs est valable, et aucun n'a besoin d'être précédé d'un diagnostic pour mériter une consultation.


VRAI/FAUX sur la ménopause

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Sources 

  • Sénat, rapport d'information Santé des femmes au travail : des maux invisibles, 2023 — chapitre consacré à la ménopause (chiffres GEMVI 2020, 5 000 femmes). https://www.senat.fr/rap/r22-780-1/r22-780-111.html
  • Les bouffées vasomotrices de la ménopause, Réalités en Gynécologie-Obstétrique. https://www.realites-gyneco-obstetrique.com/les-bouffees-vasomotrices-de-la-menopause/
  • Avis N. et al., étude SWAN, JAMA Internal Medicine, 2015 — 1 449 femmes suivies 17 ans ; durée médiane des bouffées de chaleur de 7,4 ans, et 11,8 ans lorsque les symptômes ont débuté avant l'arrêt des règles.


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