La polyarthrite rhumatoïde à la ménopause : symptômes, conséquences et traitement

Sommaire

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

Quels sont les traitements de la polyarthrite rhumatoïde ?

1 Français sur 2 souffre de douleurs articulaires plus ou moins sévères selon un sondage mené par l’Inserm. [1]

La polyarthrite rhumatoïde est le rhumatisme inflammatoire le plus fréquent en France. Cette pathologie touche spécifiquement les articulations. Les femmes y sont particulièrement exposées, en particulier au moment de la ménopause, à partir de 45 ans. 

Ces douleurs particulièrement handicapantes viennent s’ajouter à une liste de symptômes directement liés à la carence hormonale qui s’installe en préménopause. Parmi les plus connus : les bouffées de chaleur, la fatigue chronique, la sécheresse intime et les fragilités musculo-squelettiques

Aujourd’hui, on vous explique comment reconnaître les premiers signes de polyarthrite rhumatoïde et quels sont les leviers de prise en charge possibles.

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

Une définition simple de la polyarthrite 


La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune qui concerne 1 % de la population adulte. Quel que soit votre genre ou votre âge, vous pouvez y être exposé.e, mais il est vrai que cette pathologie connaît un vrai pic à l’âge adulte, autour de 45 ans. [2]


Comment diagnostiquer une polyarthrite rhumatoïde ? 


Le processus se déroule en plusieurs étapes et est mené par des professionnel.les de santé aux expertises complémentaires. Votre médecin généraliste peut commencer par un interrogatoire pour entendre vos symptômes, vos ressentis et comprendre vos antécédents. Il ou elle peut aussi réaliser un examen clinique. 


Vous serez ensuite dirigée vers des examens d’imagerie médicale

  • Radiographie des mains, des pieds, des articulations touchées pour rechercher une déminéralisation ou un pincement articulaire. 
  • Une échographie ou un IRM peut être pratiqué si besoin pour affiner l’analyse. 


En complément, vous réaliserez des analyses biologiques par prise de sang : 

  • Mesure des marqueurs d’inflammation 
  • Recherche de la présence d’auto-anticorps ACPA et d’un autre anticorps (facteur rhumatoïde).
  • Détermination du génotype HLA-DR dans certains cas.


Les résultats de cet interrogatoire et de ces examens permettent de constater la maladie auto-immune et d’établir un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde.

Quels sont les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde ? 


Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde ne sont pas si faciles à détecter. Non seulement ils peuvent mettre des années à se manifester, mais ils peuvent aussi être confondus avec ceux d’autres pathologies. 


Le développement de la maladie suit plusieurs étapes successives qui se déroulent sur plusieurs années : développement des cellules immunitaires puis inflammation puis épaississement des membranes qui recouvrent les articulations. 


Voici les symptômes typiques de la polyarthrite qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille : 

  • Une sensation de raideur, notamment au réveil (le fameux dérouillage matinal), 
  • Des gonflements articulaires (poignets, mains, doigts),
  • Une fatigue, une lassitude, une perte d’appétit qui sont des retentissements psychologiques à ne pas négliger. 


Si la maladie n’est pas prise en charge, elle continue de se développer et s’attaque à de nouvelles articulations (coude, hanche, épaule). Progressivement, elle fragilise le cartilage et les os. Sur le temps long, les personnes non traitées peuvent observer une déformation de leurs articulations, parfois très impressionnante. 

Polyarthrite rhumatoïde et ménopause 


La polyarthrite rhumatoïde est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes (Inserm). Elle est souvent associée à d’autres maladies auto-immunes auxquelles vous êtes plus exposées en période de ménopause (thyroïde). [3]


La génétique est le facteur le plus important. Les personnes avec un parent touché par la polyarthrite ont deux à cinq fois plus de chances d’être concernées. 


La ménopause n’est certes pas responsable de la polyarthrite rhumatoïde mais elle reste un facteur aggravant


Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, une étude récente portant sur plus 8 000 patientes semble indiquer que la ménopause aggrave les effets de la maladie sur les capacités fonctionnelles des patientes, en particulier chez celles qui n’ont pas eu d’enfant ou dont la ménopause a été précoce (avant 50 ans).” [4]


Dès la préménopause, la carence hormonale fragilise en effet l’ensemble de votre squelette, de vos articulations et de vos organes.

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Quels sont les traitements de la polyarthrite rhumatoïde ?

Un petit point sur les traitements

Il n’existe pas, à ce jour, de traitement curatif définitif de la polyarthrite rhumatoïde. En revanche, les stratégies de prise en charge ont considérablement progressé ces dernières années, avec un objectif clair : soulager la douleur, freiner l’inflammation, préserver les articulations et maintenir la qualité de vie.

La bonne nouvelle, c’est que dans certains cas, une rémission complète est possible, surtout lorsque la maladie est diagnostiquée et prise en charge précocement. La recherche avance, même si elle reste encore insuffisamment financée : en France, environ 94 000 € ont été alloués à la recherche sur la polyarthrite rhumatoïde en 2024. [5]

Aujourd’hui, le consensus médical va dans le sens d’une prise en charge personnalisée, adaptée à votre âge, à la sévérité de la maladie, à votre mode de vie et à vos autres facteurs de santé (ménopause comprise).

La prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde repose sur deux grands piliers :

  • une approche symptomatique, pour soulager rapidement la douleur et l’inflammation,
  • une approche de fond, qui vise à agir directement sur le dérèglement du système immunitaire.

Selon les personnes, les symptômes peuvent être très fluctuants. Certaines connaissent des poussées inflammatoires espacées, d’autres une inflammation plus continue. C’est pourquoi le suivi médical régulier et l’ajustement des traitements sont essentiels.

Apaiser la douleur articulaire

En première intention, le traitement antalgique de base reste le paracétamol, utilisé pour soulager les douleurs articulaires du quotidien.

En cas de poussée inflammatoire plus marquée, des corticoïdes peuvent être prescrits. Ils sont très efficaces pour réduire rapidement l’inflammation et améliorer la mobilité. En revanche, leur utilisation nécessite une surveillance médicale rapprochée, surtout chez les femmes ménopausées, car ils peuvent fragiliser les os, favoriser la prise de poids ou perturber l’équilibre glycémique.

Cette approche purement symptomatique reste souvent insuffisante à long terme. Elle ne traite pas la cause de la maladie, mais seulement ses conséquences. C’est pourquoi elle est généralement associée à un traitement de fond et à des mesures d’hygiène de vie, dont nous reparlerons plus loin.

Remettre de l’ordre dans le système immunitaire 


Le traitement de fond le plus fréquemment prescrit est un immunosuppresseur, le plus souvent le méthotrexate. Ce médicament agit en modulant l’activité excessive du système immunitaire. Environ 20 à 40 % des patientes sont significativement soulagées par ce traitement seul.

Lorsque cette réponse est insuffisante ou que l’inflammation continue de progresser, les médecins peuvent proposer des traitements ciblés, aussi appelés biothérapies ou traitements de nouvelle génération. Ces médicaments vont bloquer de manière très précise certaines étapes du processus inflammatoire.

Les résultats sont encourageants :

  • dans environ trois quarts des cas, on observe une nette amélioration avec diminution des douleurs et de l’inflammation,
  • dans un quart des cas, une rémission prolongée peut être obtenue.


Ces traitements nécessitent un suivi régulier, mais ils ont profondément transformé le quotidien de nombreuses femmes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, y compris à la ménopause.

Polyarthrite rhumatoïde : quelle hygiène de vie adopter?

Les traitements médicamenteux sont essentiels, mais ils ne suffisent pas à eux seuls. L’hygiène de vie joue un rôle majeur dans l’évolution de la maladie et dans la réponse aux traitements.

Le tabagisme est l’un des facteurs les plus clairement impliqués dans le développement et l’aggravation de la polyarthrite rhumatoïde. Chez les personnes fumeuses, la maladie est souvent plus sévère, progresse plus rapidement et répond moins bien aux traitements. [7]

D’autres facteurs peuvent également aggraver l’inflammation :

  • le surpoids ou l’obésité,
  • une carence en vitamine D,
  • le manque d’activité physique,
  • certains facteurs hormonaux.


L’activité physique régulière, adaptée à vos capacités, est essentielle pour préserver la mobilité articulaire, renforcer les muscles qui soutiennent les articulations et limiter la perte osseuse liée à la ménopause. L’alimentation joue également un rôle clé : une alimentation anti-inflammatoire, riche en fruits, légumes, oméga-3 et micronutriments, peut aider à mieux contrôler les symptômes.

On vous l’a peut-être déjà répété dans le cadre de la prévention de l’ostéoporose, mais c’est tout aussi vrai pour la polyarthrite rhumatoïde : bouger, bien manger et prendre soin de votre équilibre global fait partie intégrante du traitement.

À la ménopause, plus que jamais, l’enjeu est de penser la santé de façon globale, en tenant compte à la fois des hormones, des articulations, du système immunitaire et de votre qualité de vie au quotidien.

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Coline Levin

Rédactrice spécialisée en santé de la femme

Sources

[1] 1 Français sur 2 souffre de douleurs articulaire, Dossier de Presse, Inserm, 2016

[2] Tout savoir sur les polyarthrites rhumatoïdes, Fondation pour la recherche médicale

[3] Dossier Polyarthrite Rhumatoïde, Dossier Inserm

[4] Ménopause et rhumatismes inflammatoires chroniques : comment prévenir ses complications ?

[5] La polyarthrite rhumatoïde, Fondation pour la Recherche Médicale

[6] La polyarthrite rhumatoïde : symptômes, diagnostic, traitements, Association Française des Polyarthritiques et des rhumatismes inflammatoires chroniques

[7] La polyarthrite rhumatoïde : prévalence et facteurs de risque des manifestations extra-articulaires, I. Fenniche, M. Somaï, F. Daoud, Z. Aydi, I. Arbaoui, B. Ben Dhaou, I. Rachdi, F. Boussema

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