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On parle déjà beaucoup de la libido. Mais la communication de couple, ce que ça veut vraiment dire... presque jamais.
Lecture : 6 minutes. Article mis à jour le 14/08/2026.
La libido et la sexualité pendant la ménopause sont des sujets déjà largement traités. La communication de couple, elle, reste un angle mort. Beaucoup de couples traversent une véritable crise de couple pendant la ménopause, non pas à cause des symptômes eux-mêmes, mais du silence qui s'installe autour d'eux.
En France, près d'une personne concernée sur deux se dit insuffisamment informée sur la ménopause [1]. Ce manque d'information ne s'arrête pas à la personne concernée : il touche aussi son ou sa partenaire, qui se retrouve souvent à devoir deviner ce qui se passe, sans mode d'emploi.

Le silence n'est presque jamais unilatéral. Une grande étude internationale menée auprès de 8 200 personnes dans neuf pays, dont la France, a montré que 28 % des femmes ne parlaient pas spontanément à leur partenaire de leur inconfort intime lié à la ménopause. Les raisons invoquées :
82 % des hommes interrogés souhaitaient que leur partenaire partage ce qu'elle traversait, et ils se disaient globalement plus à l'aise pour en parler que les femmes elles-mêmes (68 % contre 58 %)2. Le silence ne vient pas toujours de là où on l'attend.
Toujours selon cette étude, l'inconfort non exprimé s'accompagne d'une baisse de la fréquence des rapports (58 % des femmes, 61 % des hommes), de rapports jugés moins satisfaisants, et d'une tendance à repousser les moments d'intimité plutôt qu'à en parler [2].
La baisse des œstrogènes qui caractérise cette phase de transition a un impact direct sur le corps : sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, baisse du désir. Ce sont des troubles réels, pas juste « dans la tête ». Mais ils touchent la sexualité, pas forcément l'intimité ou le plaisir du couple, à condition d'en parler et d'agir.
La même étude internationale a aussi mesuré l'effet d'un traitement hormonal local à base d'œstrogènes sur ces douleurs :
des femmes traitées trouvent les rapports moins douloureux
des hommes constatent moins de douleurs chez leur partenaire
des femmes traitées trouvent les rapports + satisfaisants
Autrement dit, la sécheresse et la baisse du désir ne sont pas une fatalité. Ce sont des symptômes qui se traitent, parfois simplement avec de la lubrification, parfois avec un traitement hormonal local prescrit par un médecin ou une sage-femme. Le vrai frein reste, encore une fois, le silence : tant que la douleur ou la gêne ne sont pas nommées, ni le ou la partenaire, ni le professionnel de santé ne peuvent proposer de solution.
La ménopause change la sexualité, elle n'y met pas fin. Beaucoup de couples redécouvrent une intimité et une connexion différentes une fois cette phase mieux comprise et mieux accompagnée des deux côtés.
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Si votre partenaire est un homme, son corps peut lui aussi traverser une transition hormonale, même si elle n'est ni universelle, ni aussi abrupte que la ménopause.
💡 À partir de 45-50 ans, le taux de testostérone diminue progressivement, d'environ 1 % par an [3]. Ce déficit, parfois appelé andropause, concerne environ 5 % des hommes à 50 ans, 10 % à 60 ans, 15 % à 70 ans et jusqu'à 26 % à 80 ans. Ses symptômes se recoupent souvent avec ceux de la ménopause : fatigue, baisse de la libido, troubles de l'humeur et du sommeil.
Ce n'est pas une raison pour tout ramener aux hormones. Mais ça veut dire que, dans certains couples, les deux partenaires traversent une transition en même temps, chacun avec ses propres symptômes, sans toujours faire le lien entre les deux.
Voici un petit schéma qui compare l'évolution de production des hormones sexuelles chez l'homme et la femme :

Le sujet est encore trop peu documenté en France, mais les études américaines sur le « divorce gris » (les séparations après 50 ans) donnent une idée de l'enjeu.
Quelques chiffres :
Il faut lire ces chiffres avec prudence : la ménopause n'est pas la cause du divorce, et aucune étude ne le prétend. Elle agit plutôt comme un révélateur. Les tensions déjà présentes dans le couple deviennent plus difficiles à ignorer quand s'ajoutent la fatigue, les troubles du sommeil, les variations d'humeur ou les bouleversements hormonaux.
Le point commun cité par les chercheur·ses sur ces séparations reste le même : un manque de communication 🗣️ installé depuis longtemps, que la ménopause met en évidence plutôt qu'elle ne crée.
Dans une étude menée auprès de 450 hommes :
Le problème n'est donc pas tant la mauvaise volonté que le manque de repères.
Une enquête plus récente le confirme : seulement 55 % des hommes se disent suffisamment informés sur la ménopause, alors que 90 % pensent qu'ils devraient l'être davantage [8]. Autrement dit, la plupart veulent aider, mais ne savent simplement pas toujours comment.
Quelques repères qui aident concrètement à ouvrir la discussion :
Choisir le bon moment
Pas en plein pic de fatigue ou de tension, mais un moment calme, sans enjeu immédiat.
Parler en « je », pas en accusation
« Je me sens perdu·e face à ces changements et j'aimerais comprendre » passe mieux que « tu es différent·e depuis un moment ».
Poser des questions plutôt que supposer
Chaque transition est différente : mieux vaut demander ce dont l'autre a besoin que deviner à sa place.
Accepter de ne pas tout résoudre
Le rôle du partenaire n'est pas toujours de réparer, mais d'écouter et d'ajuster sa présence.
Quand le dialogue reste bloqué malgré tout, un accompagnement extérieur peut aider à relancer la communication. La thérapie de couple centrée sur les émotions, en particulier, est une approche reconnue pour aider les couples à se reconnecter pendant les transitions difficiles comme la ménopause.

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C'est le temps moyen d'attente pour une consultation gynécologique en France.
Certains couples traversent cette période sans trop de heurts. D'autres se fragilisent, parfois jusqu'à la rupture.
Si vous vous reconnaissez dans une relation qui s'est distendue pendant cette transition, ce n'est pas un échec personnel : c'est un sujet dont on parle encore trop peu, dans un contexte où l'information manque des deux côtés.
Ce qui aide, dans ces moments-là, ce n'est généralement pas de tout résoudre d'un coup, mais de recréer un espace où chacun peut s'exprimer sans être jugé. Le silence, lui, a tendance à creuser l'écart plutôt qu'à le combler.
Ces défis, aussi réels soient-ils, ne sont pas une impasse. 🩺 Bien accompagnés, ils peuvent aussi devenir l'occasion de resserrer les liens et de retrouver une forme de connexion différente, plus consciente, dans le couple.

Équipe éditoriale d'Omena
Environ 3 femmes sur 10 ne parlent pas spontanément de leur inconfort à leur partenaire, principalement parce qu'elles pensent que c'est un phénomène naturel ou par gêne2. Ce n'est pas un manque de confiance envers vous, mais un tabou plus large.
La ménopause n'est pas une cause de divorce en elle-même. Aux États-Unis, les séparations après 50 ans ont doublé entre 1990 et 2010, mais les chercheur·ses s'accordent sur le fait que le facteur déterminant reste le manque de communication préexistant dans le couple, que cette période rend simplement plus visible.
Oui. À partir de 45-50 ans, la testostérone diminue progressivement chez certains hommes, avec des symptômes qui peuvent ressembler à ceux de la ménopause (fatigue, baisse de la libido, troubles de l'humeur).
La baisse des œstrogènes peut provoquer une sécheresse vaginale, des douleurs pendant les rapports et une baisse du désir. Ces changements touchent la sexualité, mais pas nécessairement l'intimité du couple si le sujet est abordé ouvertement et traité par un professionnel de santé.
Un traitement hormonal local à base d'œstrogènes réduit la douleur dans 62 % des cas et améliore la satisfaction dans 47 % des cas selon les femmes concernées. La lubrification et l'accompagnement par une sage-femme ou un médecin sont aussi des solutions simples et accessibles.
Non. Elle modifie la sexualité, mais n'y met pas fin. De nombreux couples redécouvrent une intimité différente une fois les symptômes compris, nommés et pris en charge.
En choisissant un moment calme, en parlant de son propre ressenti plutôt qu'en pointant l'autre, et en posant des questions plutôt qu'en supposant ce dont l'autre a besoin.
Un accompagnement extérieur, comme une thérapie de couple, peut aider à relancer le dialogue. L'essentiel est de recréer un espace d'écoute mutuelle, sans chercher à tout résoudre en une seule conversation.
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